Label Elsass/Alsace : les (non) réponses des candidats à l'élection présidentielle.

Notre démarche visait à clarifier la position des candidats aux présidentielles par rapport aux possibilités d'évolution de la réforme territoriale pour l'Alsace. Celle-ci avait été décidée unilatéralement au mépris de l’avis de la population alsacienne et du Droit.

Un questionnaire précis avait été envoyé aux candidats. Aucune réponse écrite ne nous est parvenue. Il ne sera de ce fait pas possible à notre Comité de délivrer de Label Alsace/Elsass pour le premier tour des Présidentielles 2017. C’est bien triste pour l’Alsace et la démocratie.

Si l’on se base toutefois sur les déclarations publiques des candidats ou de leurs représentants, l’on peut néanmoins dresser le tableau d’ensemble ci-après:

La candidate FN a déclaré en public à Monswiller qu’elle rendrait l’Alsace aux Alsaciens, mais c’est très peu crédible puisque par ailleurs le FN dans son programme prévoit de supprimer toutes les régions au profit des départements, donc pas de région Alsace.

L'engagement de la création d'une nouvelle Région Alsace n'est pris par aucun des candidats. Certains laissent planer le doute. D’autres suggèrent, « dans un premier temps », la fusion des deux départements en un département unique, sans toutefois en faire une institution régionale indépendante du Grand Est, et de lui donner la dénomination « Alsace ».

Il n’est pas certain que cela réponde à la demande sociale et que les Alsaciens y trouvent quelque avantage. Au contraire, la centralisation en un département unique « Alsace » au sein du Grand Est ne serait pas un progrès, mais une nouvelle concentration administrative.

Fusionner les départements se heurtera fatalement à une opposition populaire,surtout haut-rhinoise, déjà observée en 2013. Et il ne faudrait pas s’étonner par la suite de la disparition, bien logique en somme, d’une des deux préfectures.

Les membres du Comité du Label Alsace/Elsass ont été extrêmement déçus au constat de cette indifférence. Celle-ci confine au mépris de la situation imposée contre son gré à notre région, une Alsace dont l'identité et les spécificités sont pourtant évoquées et reconnues dans les déclarations publiques. La campagne électorale a ses exigences : quelques mots doux sur l’identité alsacienne peuvent rapporter des voix.

Comment interpréter ce dédain….. ? D'abord au manque d'intérêt réel et de courage de trop nombreux élus, capables de monter un jour sur des estrades en faisant semblant de défendre sans concession la cause de l'Alsace et de l'abandonner le lendemain, sans scrupules, pour mieux défendre leurs intérêts personnels. En donnant ainsi le sentiment au pouvoir central que la détermination réelle des Alsaciens à défendre leur région en tant qu'entité administrative et collectivité territoriale est faible.

Certains de ces élus sont à présent dans les comités de campagne des grands candidats et manifestement n’y portent pas, ou pas suffisamment, la voix de leurs concitoyens. L’Alsace est –elle une région trop paisible ?

Ensuite parce que des associations, autoproclamées "meilleurs représentants des intérêts de l'Alsace" et "experts en stratégie politique", en prônant la fusion des départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin comme étape initiale ou inévitable du processus vers une nouvelle Région Alsace, sont tombées dans le piège tendu par ceux qui veulent éviter toute remise en cause du nouvel ordre établi.

L'Alsace ne pourra donc compter que sur ses propres forces et la persistance de sa revendication d’une région à statut particulier pour retrouver ce qu'une réforme territoriale catastrophique lui a pris: son identité et la capacité de préparer elle-même son avenir. 

le 17 avril 2017

Pour le Comité LABEL ALSACE/ELSASS

Bernard Stoessel